Un coeur en transit

09 septembre 2008

la rencontre

            Un lundi de fin juin, alors que le soleil arrose l’horizon de ses reflets rouges, se pose devant la porte du petit bar  où je travaille, la plus belle fille que mes yeux m’aient donnés de voir jusqu’ici. Elle est au téléphone et parle une langue que je ne comprends pas. Elle se tient là, dans le couchant et je ne peux détourner mes yeux, comme hypnotisé par ce que le ciel viens de déposer sur mon perron. Je regarde mes clients et lance un clin d’œil à mon petit frère en disant : « Si elle reste là encore cinq minutes, je tombe amoureux ! » Et que ne fait elle pas après avoir raccroché, elle pénètre l’encadrement pour venir se poser au comptoir.

« -Un vin blanc » me dit elle dans un français approximatif. J’accède à sa requête et me détourne d’elle un instant pour reprendre un peu mes esprits qui m’assaillent de questions : « -Qu’attends tu pour lui parler ? Une fille aussi belle est chez toi au comptoir et tu ne lui parles pas ! » Mais je suis timide, elle m’intimide … Alors me voila lancé pour dire quelques banalités. Elle me reprend de suite : 

-Do you speak English?

-A littleRéponds-je. Et ainsi nous commençons une petite discussion simple sur les vacances qu’elle passera en Normandie avec son oncle durant une petite semaine. Et trois petits verres après, la voici partie pour l’hôtel d’à coté. Ce que j’aimerais la revoir me dis-je.

             Et le lendemain, ô comble de joie, la revoici et, plus assuré que la veille, je commence à discuter de nouveau avec elle, nous faisons connaissance, elle se nomme Wendy et vient de Belgique. Etudiante en tourisme, elle vient visiter la Normandie. Ce que je peux me sentir bien en sa compagnie, elle qui viens égayer mes soirées maussades, elle les illumine de son sourire et de sa bonne humeur, je me surprends même à vouloir toucher sa main, lui caresser doucement l’avant bras mais ça ne se fait pas ! Alors nous irons simplement fumer une cigarette assis sur les marches devant le bar dans la fraicheur de la nuit maintenant arrivée. Et trois petits verres après, la voila repartie, cette jolie fille que je vois en songes la nuit.

            Et de nouveau, le jour d’après, réapparais ce rayon de soleil qui éclaire mes soirées et à mesure que celles-ci s’enchainent, nous nous apprivoisons mutuellement, nous approchant de plus en plus l’un de l’autre, nous cherchant du regard, parfois même à la limite du contact physique comme irrémédiablement attirés l’un vers l’autre et ne pouvant lutter contre cette force. Mais de nouveau, le troisième verre terminé, elle s’en retourne vers sa nuit de sommeil, et moi vers mes rêves maintenant hantés de sa présence et la peur aussi que ce ne soit qu’un rêve … Demain, la reverrais-je, de plus, je suis fermé et n’aurais donc pas moyen de l’accueillir comme elle en aura pris l’habitude ; mais une chose est sure, c’est que j’en ai l’envie.

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10 septembre 2008

la promesse

            Ce jeudi, jour de repos, je pris le temps de faire une grasse matinée bien méritée à cause de la fatigue que me provoque ma vie si lassante. Ce réveil tardif m’a on ne peut mieux reposé ; rêver des heures durant de Wendy, si douce si apaisante que le pêcher de paresse à un goût d’élixir divin. Mais il faut bien penser aussi à se réveiller et s’occuper des choses de la vie réelle et ma comptabilité tape du pied, il me faut donc m’en charger au plus vite. Ceci faisant, Kathleen, mon amie, ma sœur de cœur, m’appelle pour un petit verre. Bien sur, réponds-je l’amitié n’attend pas.

            Assis à la terrasse du Country kitchen, devant un verre, nous parlons des dernières choses arrivées dans nos vies, elle partira bientôt faire ses études à Paris alors elle a tant à me raconter, et moi, bien sur, je lui parle de Wendy, lui raconte notre rencontre, les petits regards lancés du coin de l’œil ; d’ailleurs, je l’attends, elle ne devrait pas tarder à rentrer à l'hôtel. Le téléphone de Kath sonne, sa maman à l’autre bout m’invite pour dîner. Dilemme pour la pauvre âme que je suis tiraillé entre le désir de revoir ma chère Wendy affin de passer la soirée en sa compagnie, et un dîner avec Kathleen et sa maman qui est comme une seconde mère pour moi ; je ne peux donc pas décliner l’invitation. Sur le fait, la voiture de l’oncle de Wendy viens de surgir dans le carrefour et je ne manque pas de designer à Kath celle pour qui mon être vibre depuis quatre jours.

            Le dîner terminé, je retourne donc dans ma bonne vieille bourgade de Sourdeval en espérant que Wendy ait trouvé une place au Country kitchen en attendant mon retour mais malheureusement, celui-ci est déjà fermé et Morphée à pris dans ses bras l’esprit de ma douce pour l’emmener au pays des songes où je ne tardai pas à la rejoindre pour laisser passer ce jour et laisser la place au suivant. Et cette journée de vendredi passa bien vite, beaucoup trop vite pour avoir pu la savourer entièrement, la soirée arrivée, Wendy ne tarda pas à venir et, comme à son habitude, commanda un petit vin blanc. Nous nous racontons nos journées de la veille et du jour présent mais n’avons pas vraiment le temps d’approfondir la discussion car le bar est plein et j’ai le devoir de prendre soin de mes clients. Alors, bien sur, Wendy commande rapidement son troisième verre et commence à le boire avant même qu’on ait pu réellement échanger de regard complice.

            Mais son troisième verre terminé, je finis par m’apercevoir qu’elle a à regret de partir, et que c’est à reculons qu’elle se dirige vers la sortie. Elle reste là, sur le trottoir cherchant de droite et de gauche fouillant dans son sac pour sortir une cigarette. C’est clair, elle ne veut pas partir. Au diable le boulot, au diable les clients, ils comprendront qu’on ne peut pas laisser partir une demoiselle aussi belle, je décide donc de poser mon torchon sur la vaisselle, saisir à mon tour mon paquet de clopes. De son coté, Wendy esquisse un sourire de satisfaction, j’ai saisi ce qu’elle espérait. Nous nous posons donc dehors pour cette dernière cigarette car demain matin, elle partira. Et nous éprouvons tous les deux le désir de retenir l’instant, d’en profiter, de le vivre passionnément. Pour le garder intact, ce souvenir, nous prenons un instant pour le photographier. Ce moment insaisissable, et ce contact, aussi, tant cherché la semaine écoulée, nous nous tenons par la taille, en attendant que mon cousin trouve le bon bouton pour déclencher l’appareil et ainsi immortaliser ce moment. Mais il peut bien prendre son temps car de nos mains posées sur les hanches de la personne désirée, nous la serrons, nous nous tenons et n’avons aucunement envie de nous lâcher. Et même la photo prise n’avons le désir le lâcher la notre, de prise.

            Mais après deux cigarettes, nous devons bien reprendre le cours de nos vies respectives et mes clients commencent à s’impatienter. Alors il faut bien nous dire au revoir. C’est à ce moment que tout c’est chamboulé dans ma vie, alors que j’allais comme d’habitude lui faire une bise amicale, elle me saisit par la taille et approche dangereusement ses lèvres des miennes. Mon cœur ne tiens plus, il est sur le point d’exploser et des larmes vont jaillir de mes yeux tellement l’émotion qui me submerge est puissante. Mais je dois résister, elle part demain et si tu l’embrasse maintenant, tu vas mourir de chagrin en la regardant s’éloigner me dis-je, mais il est difficile de faire face à un tel désir, alors je tiens fermement et lui dit faiblement :

-I think that is not a very good idea!

-What?

-You go back tomorrow, so we don’t have to do that, that’s bad!

Et nos visages toujours aussi proches, je lui dis que ce n’est pas le bon moment, que même si j’en ai terriblement envie, je préfère garder ce baiser pour le remettre à plus tard, à notre prochaine rencontre, elle acquiesce et je lui fait aussitôt cette promesse, la scellant sur la beauté du moment que nous venons de vivre, celle de la revoir, quoi qu’il arrive, que nous nous retrouverons et que cette fois, il pourra se passer quelque chose mais pas avant. Cette promesse, ce serment sera la preuve de l’amour et de tout le respect que je lui voue. Puis sur ces paroles lui embrasse la joue, nous nous lâchons les hanches, libérant nos corps de l’étreinte consentie et nous disons « au revoir » en laissant nos mains glisser le long de nos bras voulant nous rattraper mais sans le faire par respect pour cette dernière parole. Cette soirée restera gravée à jamais dans ma mémoire mais surtout cette promesse d’un « Au revoir ».

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11 septembre 2008

Un cœur en transit

            Samedi matin, réveillé tôt par le désir de te revoir une dernière fois avant ton départ, je m’installe sur les marches qui bordent ma porte, ces marches encore chargées du souvenir de ta présence. Buvant mon café, assis là, je t’imagine posée à coté de moi, ton corps frôlant le mien regardant le ciel, le louant de nous avoir offert l’un à l’autre. Le soleil m’inonde de son rai salvateur et j’attends patiemment que tu sortes de l’hôtel pour un dernier au revoir. En attendant, je me repasse inlassablement la soirée d’hier repensant au refus de t’embrasser, regrettant presque mon geste, j’ai tant d’amour à te donner mais je reste persuadé que c’était la meilleure solution ; ne pas être ton « boy-friend » ne m’empêchera pas de t’aimer autant.

            Ca y est, tu apparais à la porte de l’hôtel, portes tes bagages jusqu’à la voiture afin de venir enfin vers moi. Une simple accolade pour nous saluer et aussitôt je réitère cette promesse que je t’ai faite. Tous les deux, le cœur serré de nous quitter, nous nous laissons dans cet ultime au revoir. Je sais que je n’occuperai désormais mon temps libre qu’à l’accomplissement de ma promesse.

            Durant les petites semaines qui ont suivies ton départ, ma préoccupation première fut de converser avec toi par mails interposés, étant le seul moyen de contact que tu m’ais laissé. Préparer un voyage n’est pas forcement une mince affaire surtout lorsqu’on ne sait que peu de choses sur la personne que l’on désire retrouver. Où aller, quand y aller et par quels moyens, sont autant de choses qu’il me faut planifier. Ma première idée était de te retrouver mi-aout, dates habituelles de mes vacances, mais ton planning étant différent du mien, tu ne pouvais débloquer qu’un créneau entre le 30 aout et le 12 septembre. Pas de soucis pour moi, je prends mes vacances quand je le désire, mais une fois la date choisie, je ne sais par quel coup du diable, tu m’as laissé sans nouvelles et j’ai bien du me débrouiller seul pour les autres réponses dont j’avais besoin…

            Où aller ? Après quelques recherches, j’ai appris que tu étais scolarisée à Mechelen, ville située à quelques kilomètres de Brussel. Maintenant, comment m’y rendre ? La voiture m’étant interdite, faute d’avoir perdu mon permis, je dois donc choisir un autre moyen de locomotion et le train me semble être le transport le mieux approprié. Puis la question la plus importante, où dormir ? Les chambres d’hôtel étant trop onéreuses pour ma modeste bourse, je dus me rabattre sur les auberges de jeunesse ; et il y en a justement une à Mechelen proche de l’établissement où tu es scolarisée. Malheureusement ils ne peuvent m’héberger que jusqu’au 6 septembre, il me faudra donc trouver un autre endroit pour les nuits comprises entre le 6 et le 12 septembre ; mais pour l’instant, pas de préoccupation, j’aviserai sur place.

            Il ne me restait qu’une seule chose à faire avant de partir, apprendre quelques rudiments de la langue flamande, j’estime qu’on ne peut pas débarquer dans un pays étranger sans en connaître, ne serais-ce qu’un peu, la langue ; ce qui me donna l’impression que le temps s’écoula bien vite. Le seul nuage dans ces préparatifs fut, je dois l’avouer, le fait de n’avoir eu aucune nouvelles de toi durant le dernier mois, surtout que je ne sais toujours pas où tu habites et si tu seras bien là durant mon séjour ; mais le ciel m’aidera à trouver le chemin de ma destinée, ça, j’en suis sur. Je peux donc me rendre à la gare sans me soucier, je sais qu’il ne m’arrivera que ce que les dieux ont voulus pour moi.

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15 septembre 2008

Le grand départ

            Ca y est, le train est parti et je crois que je ne réalise toujours pas que je pars pour cette aventure, peut-être la plus importante de ma vie … Le paysage défile en périphérie sur un fond de musique qui s’y prête on ne peut mieux : « lights » du groupe Archive. Comme ce moment me semble irréel, je ne sais pas ce que je vais découvrir tandis que mon esprit se torture entre mon boulot que j'ai de plus en plus envie de quitter et ma peut-être future vie …

            Premier contact avec la Belgique : Brussel, au début, je n’y ai vu que la gare sud, et ça m’a fait un peu peur, du gris et des bâtiments ternes, c’est triste, mais surement une banlieue délaissée, enfin je l’espère ; enfin bref, continuons, trouver le train pour Mechelen … Chercher Mechelen n’est point aisé, aucune réelle indication, point de panneau annonçant un quelconque train pour Malines, mais heureusement, mes recherches sur la géographie flamande m’ont permis de savoir qu’il fallait prendre au nord, direction Anvers, je finis par trouver un départ pour Antwerpen Centrum. Ainsi je vois débarquer sur les rails un train de banlieue tout décrépit, ce qui n’est pas fait pour me rassurer. Un bref coup d’œil sur un affichage, où je pouvais lire qu’il desservait peut-être Mechelen, finit par me motiver à monter ; au pire c’est l’aventure me dis-je. Finalement il s’avéra que ce train était bien le bon et je finis par arriver à bon port après avoir découvert une plus jolie partie de Brussel, un peu plus rassurante,  sa partie nord, je pense que j’y retournerai un jour prochain pour en faire le tour.

            Arrivé dans la petite gare de Mechelen, en comparaison avec Paris ou Brussel, je trouve très vite la sortie, malgré un affichage mono-linguistique, à savoir le flamand ou vlaam que je n’étudie que depuis deux petits mois sans vraiement prendre de cours, mais on dit qu’à coeur vaillant rien d’impossible ... parenthèse fermée, je sors donc de la gare pour atterir sur une place très aérée et lumineuse et je me prend de partir courageusement vers “de Zaandpoort”, l’auberge de jeunesse que j’ai réservé. Après quelques minutes de marches, sans réellement savoir où je vais, et sans oser demander, je finis par découvrir ma première vraie baraque à frites ; en bon français que je suis, et ne venant pas du Nord Pas-de-Calais, je n’en avais jamais vu : mon opinion, c’est exactement ce que j’avais imaginé ; pas vraiment joli mais fort cocasse. Puis deux pas plus loin, « De Katholieke Hogeschool Mechelen » l’école de Wendy, qui me dit une fois pour toutes que je suis bien sur le chemin de l’auberge où je séjournerai ; et ce n’est pas peu dire, car cette auberge se trouve juste à coté de l’école. Finalement arrivé à bon port, je cherche l’accueil qui n’ouvrit ses portes qu’après m’avoir laissé le temps de fumer une cigarette. Un timing on ne peut meilleur.

            Le tenancier de l’auberge m’accueillit avec politesse et courtoisie d’abord en flamand, répondant à mon « dag » maladroit puis en français après que je me sois présenté : « Meneer Prieur ». Son français très correct avec une pointe d’accent wallon me donne déjà un petit gout de vacances … Il m’indique la chambre où je suis seul pour le moment, les commodités et les règles de l’établissement. Juste le temps de signer le formulaire et me voila dans ma chambre pour y déposer mes effets afin de pouvoir vadrouiller en ville.

            Quelques dizaines de mètres bien aiguillés par le tenancier de l’auberge me permettent d’aller sur la place centrale et y découvrir en premier lieu un paradis pour les enfants, surement l’occasion d’une fête spéciale. Une demi douzaine de structures gonflables se dressent devant moi sur un fond de musique allante et divers stands pour l’amusement des petites tètes blondes. Puis y découvrir aussi un paradis pour leurs parents, des terrasses de cafés partout, trois immeubles sur quatre sont des bars. Le service est agréable, la bière délectable et pas chère, les serveurs parlent français, bien que j’ai commandé un « pintije », traduire un demi, en langue flamande mais ils ont du entendre mon accent ; et ils servent à manger dans quasi tous les établissements. Ils n’ont franchement rien à nous envier. J’ai aussi acheté mon premier paquet de clopes, et je le savais, mais ca fait franchement plaisir d’acheter des cigarettes vingt pour cent moins cher qu’en France.

            Enfin sorti de ma stupeur, après avoir bu quelques bières et mangé un morceau, je finis par aller me promener dans le centre ville. C’est là que je suis un peu redescendu de mon petit nuage et que tu as commencé à me manquer ma chère Wendy, découvrir Mechelen et me promener le long des canaux, c’est un peu ce que je voulais faire avec toi … En espérant toujours le faire à tes cotés et ainsi peut-être découvrir autrement ce que j’ai déjà vu. Mais ceci est une autre histoire et ainsi s’achève ma journée épuisé par la route, la marche et mélancolique de ton absence, je me perds dans les bras de Morphée.

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16 septembre 2008

Un mal pour un bien ?

            J'ai commencé ma journée de bon matin par un petit déj « à la Fabien » : café clope. Vous me direz, ce n’est pas très bon … Je vous répondrais que vous n’avez pas tord mais difficile de changer les bonnes vieilles habitudes ; je prendrais peut-être une tartine demain. Enfin, ne tergiversons pas et passons au plat de résistance … J’ai décidé de chercher activement la femme de mes rêves, me voila donc parti pour l’école juste à coté ; bien entendu, il est pratiquement impossible de trouver une étudiante en particulier dans une université, je poursuis donc mes investigations vers le bar d’en face intelligemment baptisé « De Student » un joli café rempli d’étudiants … on s’en serait douté ! Je ne la trouve pas parmi toutes les personnes présentes, mais ne désespérons pas et laissons nous nous imprégner de l’atmosphère pour finir par faire partie du décor … Quelques mots au serveur, un ou deux « dag » placés ci ou là et me voici comme faisant corps avec l’ambiance. Il est temps de quitter la place pour les laisser se faire une opinion sur toi et laisser le charme agir.

            Je pars donc vaquer à d’autres occupations. Me voila à nouveau à la conquête de Mechelen. Et j’ai marché, marché sans jamais m’arrêter ceci durant deux bonnes heures pour finir par me retrouver sur la même place que la veille ; la faim m’eut bien vite fait de me ramener à la taverne, résultat de la matinée, à l’ouest, rien de nouveau ! Après un frugal sandwich, je repars en quête de ma dulcinée. Direction un point internet pour vérifier mes mails et, bien entendu, pas de nouvelles mais ne perdons pas espoir, si dans la vie, les choses étaient faciles, ça ne serais pas drôle ; en même temps, je n’aurais jamais pensé que ça le serais autant … Donc je me retrouve sur la toile à la recherche d’une adresse ou d’un numéro de téléphone mais impossible de trouver avec mes petites habitudes de web-surfer du dimanche. Taper son nom sur un moteur de recherches m’expédie sur des centaines de sites les plus farfelus les uns que les autres, réduire mes recherches aux sites de blogs, vous ne pouvez même pas imaginer le nombre de Wendy qui ont un blog, et même en réduisant au maximum à l’aide des critères de recherches les plus avancées, me voila parti à lire quatre-vingts pages pour bien sûr ne pas tomber sur la bonne personne … Mais impossible n’est pas français, j’ai décidé, et même si ça me semblais perdu d’avance, de taper son nom sur les registres téléphoniques de Belgique. Résultat une seule personne avec les bons nom et prénom, je n’y croyais pas ! Mais pour savoir si c’est la bonne Wendy, ma Wendy Moira Angela Darling, il va falloir que j’appelle mais je dois me préparer psychologiquement avant ; en gros, préparer tout ce que je vais pouvoir dire et surtout en flamand au cas où ce ne serais pas elle.

            Ceci fait, et ce n’étais pas une mince affaire, je repris ma route pour retourner au « De Student » d’où les clients étaient déjà partis, ce qui me permis de discuter avec le serveur qui connaît Wendy. Il ne peut pas me donner son numéro faute de l’avoir mais m’a appris qu’elle viendrait surement vendredi ou du moins que ses copines viendront ; ce qui quelque part me rassure mais m’oblige à patienter encore et cela m’ennuie quelque peu … Mais bon, dans la vie, on n’a pas toujours ce que l’on veut. J’ai alors terminé ma journée par une bonne grosse marche dans Mechelen ce qui me vaut ce soir un gros mal de genou. Ce n’est pas trop grave, ça veux surement dire que j’ai avancé …

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17 septembre 2008

Un jour pour rien

         Journée bien mal commencée, tout d’abord, ils m’ont trouvé un camarade de chambre ; ce n’est pas très grave en soi mais ça m’a obligé à me réveiller ce matin par des sons inhabituels du genre quelqu’un qui fouille et refouille son sac pour y chercher on ne sait quoi ! Et je ne sais pas si vous avez déjà remarqué ô combien on peut être bruyant lorsqu’on fait les choses doucement afin de faire le moins de bruit possible … Enfin, c’est comme ça ; donc je me suis réveillé pour prendre mon traditionnel café-clope !

         Après ce petit encas, j’ai fait une sieste parce que je n’avais pas suffisamment dormi et aussi pour rêver à nouveau de Wendy ... Là-dessus, après une bonne douche histoire de bien me réveiller et plein de bonnes résolutions, me voila parti pour une bonne journée. Un agréable café au « De Student » et je pars direct pour continuer mes recherches : la piste que j’ai est mauvaise et il me faut en explorer d’autres maintenant. Et là me vient une idée : appeler l’hôtel où séjournaient Wendy et son oncle ; mais midi approchant, il vaut mieux appeler après le service. Je retourne donc au « De Student » pour manger un morceau et attendre qu’il soit deux heures afin d’appeler l’hôtel.

         Deux heures sonnantes, je retourne au point internet et passe un petit coup de fil fructueux. J’ai un nom ! Et c’est reparti comme hier. Quelques recherches pour trouver un numéro de téléphone ; cette fois, ça à été plus rapide ; et je trouve pour ce nom une seule personne avec deux numéros, un personnel et un professionnel ; je pris le personnel, bien entendu ; j’aurais peut-être du prendre les deux ! Finalement, je retourne victorieux et heureux au bar pour fêter ça mais aussi préparer mon discours lorsque j’aurai l’oncle de Wendy en ligne ; ça, ça m’a pris pas mal de temps, car l’heure du dîner à vite sonné … C’est là, je crois le meilleur moment de ma journée, j’ai pu manger un super sandwich pour pas cher au « Mechel-Burger », jusqu’ici le meilleur repas depuis que je suis en Belgique …

         Mais ensuite, j’ai voulu appeler l’oncle de Wendy, malheureusement ce numéro n’est pas attribué, ah, ah ! Un coup pour rien ! Merci Belgacom … Et pour bien faire, il s’est mis à pleuvoir, et pas une petite averse, mais une bonne grosse drachée des familles ! Alors me voici devant mon journal un peu dépité quand même, mais bon, demain est un autre jour !

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18 septembre 2008

Joie ? Tristesse ?

            Il est midi et demi, et je n’ai pas l’habitude d’écrire si tôt mais ce que j’attendais est arrivé, alors je ne peux pas attendre pour conter ce que j’ai vécu ces dernières heures, il vaut mieux une réaction à chaud … Parlons un peu de la matinée pour commencer, j’ai finalement décidé de prendre deux tartines de confiture pour le petit déjeuner en me disant qu’il serais bien de manger au cas où la journée serait épuisante, et bien, j’ai très bien fait car la matinée fut très riche en émotions … Après mon petit déj, j’ai cru voir Wendy passant sur le trottoir en face de l’auberge par une de ses fenêtres ; je me suis donc pris de suivre cette personne pour voir si mes yeux ne m’avaient pas trompés. Un bon pas allant me fis rapidement dépasser la personne et m’apercevoir que ce n’étais pas celle espérée. Tan pis !

            Vaquons à d’autres occupations. Une petite promenade dans Mechelen m’occupera l’esprit ; je suis aussi venu pour le tourisme après tout. Et après cette petite promenade je finis par retourner au « De Student » pour un café. C’est là que ma journée a pris son tournant ; Wendy, La Wendy m’a envoyé un message sur mon portable me demandant de me connecter sur internet. Ni une ni deux, je fonce vers le cybercafé rempli d’une émotion difficile à décrire ; partagé entre la joie et l’excitation mais aussi la peur, un peu, qu’elle ait oublié notre promesse, que ça ne se passe pas bien … C’est soit le plus beau jour de ma vie, ou bien le pire fiasco que je n’aurai jamais connu me dis-je …

            Arrivé à l’internet café, je me connecte et clique sur son pseudo et là, que vois-je, un message d’amour pour un certain Nick ! Wendy, Ma Wendy, mon moteur, la raison de ce voyage est prise ! Après des échanges courtois, je la pose devant ce fait, que puis-je faire, je viens jusqu’ici pour elle et elle, elle a oublié notre promesse … Non, elle a tout simplement vécu alors que moi, je n’ai fait qu’attendre. Bref, dois-je rester ou non, surtout dans ces conditions … Et un gros problème se pose toujours, où vais-je dormir entre le 6 et le 12 si jamais je reste … Je lui fais donc part de mon sentiment. Après un bref recul de sa part, où j’ai ressenti un léger reproche envers moi, elle a finalement pris l’initiative de m’aider à trouver un endroit où dormir si jamais je le voulais pour finalement me proposer de demander à ses parents s’ils voulaient bien m’héberger. J’ai failli avoir une attaque ! Ne sachant que dire, je l’ai tout simplement remercié sans pouvoir trouver d’autres mots pouvant exprimer ma gratitude … Après quoi nous avons échangés quelques banalités et parlés de nos vies respectives.

            Maintenant internet est déconnecté et me voila seul perdu dans mes pensées avec l’envie d’écrire sur ce journal et aussi de t’écrire à toi, Wendy pour te dire ce que je ressens.

Lettre à Wendy le 03/09/08 à 13 h 21

Ma chère Wendy

            Voila une heure que nous avons échangés quelques mots sur le net et j’éprouve le besoin de te dire ce que j’ai sur le cœur. Cela fait deux mois que nous nous sommes rencontrés et nous sommes plus, enfin c’est ce que je pensais hier encore, car aujourd’hui, je sais que le temps change tout, les sentiments s’altèrent. Les miens non car je ne suis pas et n’ai jamais été une personne comme les autres ; les sentiments que j’éprouve sont éternels, lorsque j’aime, la personne aimée le sera jusqu’à mon dernier souffle. Le ciel et son astre m’en sont témoins.

            Lorsque tu es partie de Sourdeval, tu as emmené avec toi bien plus que des souvenirs, tu as pris une partie de mon cœur. Ce morceau, je te l’ai offert ce magnifique vendredi soir lorsque je t’ai fait cette promesse de nous retrouver, et maintenant, cette promesse est accomplie. Je suis venu te retrouver, je suis en Belgique et j’y suis pour toi.

            Tu dis que nous ne nous connaissons pas, que nous avons des vies différentes, que la distance qui nous sépare est un problème ; Je répondrais que nous pouvons apprendre à nous connaître, que de vie, je peux en changer, et que si je change de vie, la distance n’est pas un problème car ma vie, je peux la construire n’importe où … S’il n’y a qu’un seul homme sur terre capable de traverser le monde par amour, cet homme, c’est bien moi, il n’y a aucun doute là-dessus.

            Toute ma vie, j’ai rêvé d’une vie meilleure, on peut dire que j’ai rêvé ma vie, mais toi, tu as bouleversé tout ça, lorsque je t’ai rencontré, j’ai su que ce n’étais pas un hasard, je crois que j’ai rêvé d’être avec toi depuis le premier jour … Et peut-être même avant ça … Et que toute ma vie, je n’ai fait qu’attendre ce moment. J’a maintenant envie de vivre mes rêves. C’est  pourquoi je suis aujourd’hui en Belgique, pour pouvoir enfin vivre …

            Te rencontrer a été la plus belle chose qui me soit arrivée, tu as tellement bouleversé ma vie que lorsque je regarde en arrière, je ne vois que des ruines sur lesquelles je pourrais reconstruire une nouvelle vie car tu m’en donne la force et l’envie. Voila ce que tu représente pour moi, rien de moins que la promesse d’une vie meilleure.

            Un rêve que je pourrais vivre.

Fabien

-xxx-

            Pour terminer mon après midi, je suis resté au « De Student », j’y suis habitué maintenant, et j’ai passé tout mon temps à traduire ma lettre en néerlandais. Quitte à faire les choses, autant les faire complètement, ce qui implique qu’il s’est très vite fait l’heure du dîner mais même devant mon assiette, je ne pouvais me retenir de penser à Wendy, sa silhouette, son visage, son sourire, cette façon qu’elle avait de me regarder. Tout me revenais en mémoire plus clairement qu’à l’accoutumée, je me revois la tenir dans mes bras lorsqu’elle était sur le point de m’embrasser. La seule chose qui me manque pour compléter le tableau, c’est le goût de ses baisers parce que je j’y ai pas goûté, mais aujourd’hui, même après tout ça, je ne regrette pas. Aurais-je pu plus lui prouver mon amour qu’en me refusant à elle pour attendre de la revoir au risque de la perdre ? Je ne pense pas pouvoir mieux éprouver mes sentiments que comme ça.

            Ce soir, elle me manque plus que jamais car la savoir si proche mais pas dans mes bras provoque en moi un effet de manque. Mon cœur se vide de sa substance pour s’emplir de mélancolie. J’ai envie, non, j’ai besoin de la sentir à coté de moi, de sentir son parfum, de lui parler, fumer une cigarette assis à coté d’elle, de pouvoir passer ma main dans son dos et ainsi caresser ses cheveux si soyeux alors qu’elle me regarde d’un air si tendre et si souriante qu’à coté d’elle, toutes les étoiles du firmament semblent pâles. Mais ça ne sera pas pour ce soir et là, c’est un être vidé, lassé qui, avachi sur sa chaise, tient maladroitement son stylo pour essayer de vous décrire ce qui vagabonde dans sa tête.

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19 septembre 2008

Tourisme

            Une bonne grasse matinée m’a permis de reprendre un peu de forces, ce qui n’étais pas du luxe, je suis en vacances et ça ne m’empêche pas d’être plus crevé que lorsque je suis au boulot … Et ça m’a permis de rêver plus encore de ma chère Wendy dont je ne peux plus à présent détourner l’esprit l’espace d’un instant. Ce réveil tardif m’ayant fait sauter l’heure du petit déjeuner, je suis parti dans mon bar habituel pour mon traditionnel café clope auquel je suis attaché, comme vous le savez.

            Il me vint subitement l’envie de me balader histoire de faire un peu de shopping en attendant l’heure du déjeuner. Je suis donc allé me promener le long des rues marchandes de Mechelen pour finalement ne rien acheter d’autre qu’un cahier de conjugaison, pour continuer à apprendre le flamand, et une enveloppe pour cacheter ma « lettre à Wendy ». Ceci fait, et le soleil déjà bien haut dans le ciel, me voila en quête d’un sandwich que je pris naturellement au « Mechel-Burger ». Cette petite collation terminée, j’ai décidé de prendre un peu de temps pour le tourisme, si je pars samedi, ça ne me laisse plus beaucoup de temps …

            Me voila donc parti à la découverte, au hasard des ruelles, de la beauté cachée de Malines, celle que l’on ne peut trouver que si on prend un peu de temps pour flâner. Par un temps radieux, de jolies ruelles parsemées de petites cours et de balcons fleuris, la cathédrale haut perchée au dessus des toits, les canaux reflétant le bleu du ciel où on peut vraiment prendre le temps de penser à la femme qu’on aime, admirer l’architecture mélangeant les formes modernes à de plus anciennes et traditionnelles bâtisses. J’ai bien sur pris quelques photos pour garder intact le décor de mes souvenirs.

            A l’heure où je prends le stylo, la journée se termine mais la soirée ne fait que commencer car le « De Student » ne fermera ses portes que tard dans la nuit où je risque de passer une grosse partie de mon temps. Et après ça, une dernière nuit de sommeil avant le jour tant espéré mais aussi tant redouté, le jour où je vais retrouver Wendy.

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Soirée

            Là, je vais bien ! Wendy m’a écrit et cela a suffit pour m’emplir de joie. Je me promenais pour un petit trip nocturne dans Mechelen avant que le gros de la soirée ne commence, et c’est là qu’elle a répondu à mes messages. Le peu de mots de sa part a suffit pour remplir mon cœur de sentiments positifs et ainsi presque effacer les multiples souffrances que j’ai pu subir jusqu’ici, et la détresse que je ressentais avant ça s’est quasiment dissipée comme par magie pour laisser la place à une joie intense, un sentiment de bien être et d’accomplissement. Ces quelques mots : « You have a special place in my heart. » sont pour moi un réconfort dans l’improbable aventure dans laquelle je me suis lancé, ça me donne l’impression de ne pas être venu ici par le mauvais sort et que j’ai bien ma place là où je suis. A la recherche de son chemin, le doute est la pire signalisation qui soit, car sur la route du destin, point de panneau disant : « Tu es sur la bonne route, continue » ; mais à la place, chaque pavé est une nouvelle épreuve qu’il faut subir avec de temps en temps un rayon de soleil à peine suffisant pour faire le plein et repartir. Mais qui a trop peur pour emprunter le chemin ne saura jamais quel trésor se trouve au bout. Et pour ma part, j’ai déjà tellement avancé qu’il serait trop bête de renoncer et faire demi-tour.

            Quand à la soirée au bar, une très bonne musique électro mixée par le serveur et un « happy hour » bien sympathique malgré le manque de people. C’est normal, début septembre, tous les étudiants n’ont pas encore repris. Mais ça n’en fut pas moins agréable. Une si bonne soirée terminée, je n’ai qu’une seule hâte ; être à demain et ainsi revoir Wendy, celle qui est si chère à mon cœur.

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21 septembre 2008

D-Day

            Ca y est, le jour tant attendu est arrivé, j’ai donc décidé d’intituler ce jour « D-Day » en mémoire du jour du débarquement des troupes alliées en Normandie. D-Day, decision day, mal renommé Jour-J car c’est réellement pour moi le jour de la décision. La décision de rester ou de partir, celle de libérer mon cœur de la peine et de la souffrance qui l’occupe ou de le laisser aux mains de l’envahisseur. Tels les petits groupes de résistants, les pulsations de mon cœur attendent cette aide en comptant chaque seconde qui les sépare de la liberté comme chaque coup de marteau assaillant les chaines qui emprisonnent la patrie de mes émotions.

            Encore quelques minutes de patience et je saurais si je n’ai pas fait ce voyage pour rien, si je suis dans l’accomplissement de ma destinée ou si je me suis fourvoyé, si je me suis à nouveau trompé de route et que l’aventure doit s’achever ici. Je suis au « De Student » où je t’ai donné rendez-vous. Un bouquet de roses, une blanche pour l’amitié et deux rouges pour la passion que je te voue, n’attend que ta venue pour accomplir lui aussi sa destinée ; être offert comme mon être attend de s’offrir à toi.

            Tu es enfin arrivée et je suis heureux de pouvoir à nouveau admirer ton visage et, au centre de celui-ci ton sourire éclatant tel un unique rayon de soleil un jour de pluie. Je t’ai retrouvé telle que tu étais dans mon souvenir, avec cette même joie de vivre, mais aussi ce petit coté mystérieux que tu dégages lorsque tu es perdue dans tes pensées. A quoi penses-tu ? Cela, je ne le sais … A moi, je l’espère, mais ce serais trop beau pour être vrai. Ce bouquet de fleur que je t’ai offert à l’air de t’avoir fait plaisir et, tu as aussi l’air d’être contente de me revoir. Malheureusement, nous n’allons pouvoir nous voir que peu de temps car comme tes parents ne peuvent pas m’héberger, je vais devoir repartir demain … Mais aujourd’hui, nous sommes enfin réunis et  cette journée est nôtre et j’entends bien en savourer chaque instant aussi bref soit-il.

            Pour le moment, nous avons tous les deux maintes choses à faire à Mechelen, moi, je doit changer mon billet de train et toi, tu dois t’occuper de ton inscription, mais au moins, ces choses nous les ferons ensemble et c’est pour moi tellement important d’être avec toi pour ces petites choses de la vie, tout pendant que tu t’occupes de tes papiers, moi, je reste là à te contempler. Je tiens à être là comme un soutien pour toi, ça a vraiment l’air de t’ennuyer d’être obligée de représenter ton année ; alors je veux simplement être là, assis juste à coté, silencieux mais pas moins attentif. De plus, ça me permet de profiter un peu plus de ta présence …

            Un petit café et un sandwich pris sur la route de la station pour échanger mon ticket, parler de la pluie et du beau temps, échanger des regards, des sourires sont les plaisirs simples que je voulais partager avec toi. Maintenant, je suis comblé, se sont ces simples petits moments du quotidien qui d’habitude sont futiles mais qui partagés avec toi sont autant de souvenirs intenses. Je n’aspirais qu’à être avec toi et mon cœur s’emplit d’allégresse à chaque pas. La pluie ne nous permet pas de faire une promenade le long du Dijle mais qu’importe, un verre au « De Student » en ta compagnie importe plus à mes yeux que toutes les promenades du monde sans toi. Et ce verre nous permet de parler de nos vies respectives, de nos gouts, nos aspirations … De simplement profiter pleinement l’un de l’autre. Je sais maintenant que je ne suis pas venu pour rien ; même si ce n’est que pour avoir vécu ces quelques instants avec toi.

            Etre assis là, te raconter ma vie, t’écouter parler sont pour moi des souvenirs inébranlables, ils resteront à jamais dans ma mémoire comme un instant intemporel, inexplicable. Et cet instant surtout, ce bref moment où nous sommes restés silencieux, perdus dans nos pensées, comme si le temps n’existais plus et qu’un instant, un ange s’étais posé sur nous, nous projetant hors du temps et de l’espace où nous seuls existions dans l’univers. Un tableau digne de Robert Doisneau.

            De tous ces moments, je n’ai perdu une miette et n’ai non plus cessé de t’admirer, un être sculpté par les anges, ces longs cheveux châtains, lisses tombant sur tes épaules que tu replaces de temps en temps de droite et de gauche cachant ton regard légèrement souligné par un peu de mascara noir intense seyant parfaitement à ces larges pupilles grises bleutées. Ton sourire si reposant que lorsqu’on pose le regard dessus, les soucis de la vie s’envolent et libère le cœur de tout ce qui pourrait l’encombrer et ainsi savourer pleinement le moment. Et ce corps si sublimement parfait que le diable lui-même en tirerait une larme de compassion car nulle chose créée par la main de l’homme ne pourrait sublimer la perfection que la nature t’a si généreusement offerte.

            Mais que le temps passe vite quand on voudrait l’arrêter, Chronos n’aime pas que l’on touche à ses aiguilles et l’heure de ton départ sonne déjà pour laisser place au temps des au revoir et, tandis que ton train s’éloigne sur le chemin de ton quotidien, mon esprit tente de revivre ces quelques heures passées ensemble pour les graver à jamais et ainsi pouvoir me les remémorer jusqu’à notre prochaine rencontre. Maintenant, je dois penser à mon retour en Normandie mais je peux repartir en paix, je sais que j’ai accompli ici ce que je devais faire.

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22 septembre 2008

Départ

            Que la vie est cruelle de nous avoir situés à des endroits différents. Aujourd’hui, je suis dans ton pays mais dans quelques heures, je reprendrai le train et je ne peux pas m’empêcher d’avoir ce petit pincement au cœur, lorsque je fais mes bagages, de quitter cet endroit où je sais que je peux te croiser à n’importe quel instant. Nous dirons simplement que j’ai mal choisi le moment pour venir à ta rencontre, mais je garde au fond de moi l’espoir d’une prochaine fois dans un autre endroit et à un autre moment où nous pourrons vivre tant de choses merveilleuses.

            Tandis que je me remémore la journée d’hier, je repense à ces choses qu’on s’est dites, de ton rêve de quitter le pays, de ma vie qui est en train de se transformer, nous pourrions assurément trouver un chemin commun à ces paroles, car le seul endroit où je rêve de construire ma maison est dans ton cœur et tu sais déjà que tu as ta place dans le mien.

            Tu ne peux pas imaginer à quel point j’aurais envie de prendre une chambre à Anvers pour rester une semaine de plus … Mais ce ne serais pas pareil, je préfère nous laisser un peu plus de temps avant de nous retrouver. Le temps de mettre à l’épreuve nos sentiments afin de peut-être vivre une intense passion, celle à laquelle j’aspire depuis que je t’ai rencontré. Alors aujourd’hui encore, je te dis « au revoir ».

            Sur le quai de la gare, le train de banlieue ralliant Brussel sud. Un couple d’amoureux s’embrasse et il me vient cette envie, que nous aurions été bien à cette place, nous enlaçant, toi me retenant, m’empêchant de retourner chez moi, ce que j’aurais volontiers consenti car sur ce quai, j’y serais bien resté, serrant ton corps contre le mien et te couvrant de baisers, restant là, tous deux à nous regarder et simplement sentir nos respirations s’entremêler dans le sillage du train qui s’en va avec, pour seule partie de moi à l’intérieur, mes craintes et mon chagrin. Malheureusement je suis à l’intérieur et ne trouve aucun réconfort ; juste pour ne pas sombrer le souvenir de ces merveilleux moments passés ensemble et l’espoir d’en vivre d’autres.

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